Dominique Demartini
La prophétie de Sibylle de la Tour dans le Livre du duc des vrais amans : fin de la fiction romanesque
Après plusieurs textes sur ce thème, Christine a recours, sous la forme d’un dit en heptasyllabes, à un ultime récit de fiction pour dénoncer l’illusion de l’amour. L’œuvre s’achève de façon singulière par un recueil de pièces lyriques échangées entre les amants.
Au centre du dit, la lettre de Sibylle de la Tour ne prophétise pas seulement la fin de l’amour comme fiction, mais également la fin d’un genre qui lui est traditionnellement attaché : le récit courtois. Avec l’épilogue du récit, où se fait entendre la voix de Christine, s’éteignent les projecteurs de la fiction romanesque pour laisser place à la parole lyrique des amants.
Il revient ainsi au discours didactique, sous la forme du genre épistolaire, et à la poésie, de tenir un discours de vérité sur l’amour.