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Andrea Valentini

 

Du paternalisme courtois au féminisme de la vague zéro: antécédents de la querelle du Roman de la Rose et nouveauté de Christine de Pizan

 

    La présente contribution sera consacrée dans sa première partie à une revue des rares voix qui ont critiqué le Roman de la Rose au XIVe siècle ; l’accent sera mis surtout sur les réécritures qui ont censuré le poème sans le critiquer ouvertement, notamment sur celles qui en ont atténué la misogynie à travers le recours à la tradition courtoise, ce dernier aspect ayant été peu étudié. La deuxième partie de la communication sera plus spécialement consacrée à Christine de Pizan : à la lumière de ce qui aura été dit dans la première partie, on essaiera de montrer que, si elle n’ajoute rien de bien nouveau à la critique de l’obscénité du poème, sa critique de la misogynie est tout à fait nouvelle et que c’est bien chez Christine que l’on trouve les accents le plus prometteurs de la querelle.

 

    La communication fera une large place à la lecture des textes, tout en ayant recours à quelques outils conceptuels relevant des études de genre : à quel moment de l’histoire occidentale surgit la conscience que la condition subordonnée des femmes n’est pas un fait ontologique ? Si Christine de Pizan est une « féministe », ne serait-elle pas une représentante d’une « vague zéro », précédant la première vague du féminisme (XIXe – début du XXe siècle) ?